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> Généralités à propos du pays afar | |
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> GEOGRAPHIE
D'une surface de 150 000 km², délimité par un triangle allant de la ville d’Awash au golfe de Tadjoura (à Djibouti) et aux îles Dahlak (en Erythrée), le pays des Afars est immense, désertique et étonnamment varié : l’Erta‘Ale, volcan actif des « Alpes danakiles », la dépression soufrée et potassique de Dallol, les cuvettes salées, les coulées de lave. Enclavé entre les hauts plateaux de l’Ouest (Wollo, Tigré, Erythrée et Shewa) et du Sud (Arsi, Harar), le triangle afar, fossé d’effondrement maintenant coupé par la mer, est soumis à une aridité extrême. ![]() L’Awash naît sur les hauts plateaux éthiopiens au lac Koka, non loin d’Addis Abeba, et draine un bassin versant imposant de 1000 km de long, puis traverse la dépression en diagonale, pour se perdre dans un delta intérieur à la frontière éthio-djiboutienne. Ainsi entretient-il un cordon de verdure en plein désert, propice aux hommes, à la flore et à la faune. La dépression Afar est le nom donné à cette région de la grande faille africaine qui, partant du fond du golfe de Tadjoura, à Djibouti, se manifeste par le lac Assal et sa banquise de sel (153 m au-dessous du niveau de la mer), le lac Abbé et ses aiguilles de calcaire acérées dans lequel la rivière Awash vient se perdre et disparaître par évaporation. Centré sur 12° N, les paysages sont tout à fait différents de ceux que l’on rencontre à la même latitude en Afrique de l’Ouest. 12° N au Sénégal ou au Nigeria, c’est déjà le Domaine soudanien, fait de savanes boisées. Il existe 3 grands deltas intérieurs en Afrique : l’Okavango, le lac Tchad, et le delta intérieur de l’Awash, rarement évoqué.
Dans cette région du globe, il y a environ 20 millions d’années,
d’énormes quantités de magmas sont montées
vers la surface. Sous leur poussée, la croûte terrestre
s’est déformée, amincie, et fissurée. Les
Trois rifts se sont ainsi ouverts progressivement, amorçant
petit à petit la déchirure de la plaque Afrique –
Arabie. Ce phénomène appelé « rifting »,
se poursuit encore aujourd’hui et va conduire à terme,
d’ici quelques millions d’années, à la coupure
du continent africain le long de ces rifts et à la pénétration
de l’océan sur leur plancher.
> HISTOIRE
Le plus vieil état d'Afrique riche d'une culture deux fois millénaire, est aujourd'hui un des pays les plus pauvres de la planète. > LES AFARS Des pasteurs et des volcans.
Afars et Issas se partagent ces terres brûlées, parsemées de niches de verdure ; traditionnellement nomades les deux populations ont des troupeaux d’ovins, de caprins et de chameaux. Seuls les Afars ont des terrains de parcours permettant d’élever des bœufs, à grande cornes en lyre. Leurs migrations sont bornées par le plateau éthiopien et la Mer Rouge : les bovins et les camelins des Afars se déplacent des piémonts aux pâturages du delta intérieur submergés par les hautes eaux de l’Awash. Ils se nourrissent essentiellement du lait de leurs bêtes, de mil et de dattes obtenues par troc. Plus connu sous le nom de Danakil, les Afar ("poussières") vivent donc en Erythrée, en l'Éthiopie et à Djibouti, au nord de la ligne de chemin de fer Djibouti - Addis-Abeba (désert Danakil). De langue couchitique, ils se reconnaissent une lointaine parenté avec leurs voisins méridionaux les Galla. La société se segmente en deux groupes :
Les chefs sont héréditaires et portent le titre de sultan. Bien qu'‘islamisés depuis la conquête arabe des côtes, il y a un millier d'années, les Afar restent très imprégnés des croyances traditionnelles, notamment du culte des ancêtres. Les Afars, étaient traditionnellement les intermédiaires entre l’empire éthiopien et les Arabes installés sur la côte, pour le commerce de l’or, l’ivoire, le café, les céréales et les esclaves échangés contre étoffes, épices, métaux et armes. Les Afars, éleveurs et exploitants de salines, conservent tant bien que mal une culture nomade, complémentaire de celle des agriculteurs des plaines perchées : depuis des siècles les marchés de Bati, Sembeté, Ankober sont les lieux d’échange réputés, dominant de 1000 m le versant Awash. Le mode de vie nomade, bousculé par la sédentarisation, l’agriculture extensive et intensive, l’écobuage, l’élevage d’embouche, l’emprise des fermes d’Etat et des voies de communication, survit dans un des derniers espaces de la dépression afar, dans le delta intérieur de l’Awash, près de la frontière avec Djibouti. > DJIBOUTI
Au creux de la Corne de l’Afrique, Djibouti est un petit territoire de 23000 km², essentiellement volcanique ; la plus grande partie du pays est un complexe de plateaux et de chaînes volcaniques séparés par des fossés d’effondrements, où lacs et rivières temporaires trouvent des cuvettes naturelles.
L’ouverture du canal de Suez, à l’autre bout de la mer Rouge (1856), donne à ce bout de terre une nouvelle importance stratégique. Le détroit de Bab el Mandeb est la porte de sortie du trafic civil et militaire vers l’océan Indien et le Levant. La France s’y installe en 1862. La sous-région est restée longtemps le théâtre de luttes aujourd’hui en voie d’apaisement (Somalie, Erythrée, Ethiopie), et Djibouti peut aujourd’hui parier sur un développement moins incertain et fortifier sa jeune république (1977). Djibouti est membre de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad). Le tourisme est balbutiant à Djibouti ; les autorités ont émis le souhait d’intégrer les notions de tourisme durable. Djibouti, par sa faible dimension, une densité de population faible et un mode de vie traditionnel déjà largement fragilisé ne souhaite pas faire face à un développement important du tourisme. Difficile équilibre entre rentabilité, intérêts privés et préservation ! Le lac Abbé (Abhé-bad) : lac terminal du fleuve Awash, il est criblé de pitons étranges par dizaines, dû à des sources pétrifiantes qui débouchent au sommet. Il a connu sa plus grande extension il y a 8500 ans ; il abrite aujourd’hui quelques espèces relictes, dont le Crocodile du Nil. Le lac Assal : l’extraction du sel de cette cuvette culminant à –153 m est la principale recette d’exportation du pays ; plus grosse réserve de sel du Monde. Elle alimente un commerce caravanier de troc avec le mil en Ethiopie. C’est aussi le lieu de la cure salée en fin de saison sèche pour les chameaux. |
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